La place de l’Histoire dans Anoldor

Ou la nécessité d’une encyclopédie

Comme beaucoup de jeux – surtout médiéval fantasy/SF – nous avons fait le choix d’une encyclopédie intradiégétique, c’est à dire une encyclopédie composée d’extraits existant réellement dans le jeu, écrits par un auteur fictif, lisibles tels quel par les personnages.

Ce choix est en partie esthétique. Si ce type d’encyclopédie n’est plus original depuis longtemps, nous trouvons qu’il garde un certain charme, d’autant qu’il permet d’expérimenter plusieurs formes de narrations ! Nous pouvons changer de ton en fonction des éléments d’encyclopédie, ce qui est à la fois intéressant et un peu plus dynamique qu’une encyclopédie ordinaire.Mais dans Anoldor, ce choix a une réelle importance car le jeu aborde, notamment dans les routes de l’Eminence et de Lioren, la façon dont les récits construisent l’Histoire.

L’Histoire est composée d’écrits rapportés par des auteurs nécessairement subjectifs, surtout à une époque où la méthode scientifique n’existait pas réellement. A Anoldor, il n’y a pas d’historien moderne pour recouper les sources et tenter de faire la part des choses entre la réalité et les embellissements, positifs comme négatifs. Tout est donc biaisé, et pourtant sert de socle aux traditions, aux croyances et par extension à la culture du peuple… Ainsi, si dans Anoldor nous avons fait le choix d’une encyclopédie intradiégétique, c’est parce que nous souhaitons aborder en toile de fond la question de l’Histoire comme source de pouvoir, et de son importance pour le pouvoir en place.